PÉTROLE


PÉTROLE
PÉTROLE

MÉLANGE complexe d’hydrocarbures de différentes familles (paraffiniques, naphténiques, aromatiques) associé à des composés oxygénés, azotés et sulfurés ainsi qu’à des traces de métaux particuliers (vanadium, molybdène, nickel), le pétrole brut est connu depuis la plus haute antiquité. Employé autrefois comme mortier, comme agent d’étanchéité ou encore pour ses propriétés lubrifiantes ou médicinales, le pétrole n’est devenu un grand produit industriel seulement qu’au milieu du XIXe siècle. Il est en effet d’usage courant aujourd’hui de faire remonter les origines de l’industrie du pétrole à l’année 1859, lorsque le colonel Drake, effectuant un forage à Titusville en Pennsylvanie, le trouva à une trentaine de mètres de profondeur.

Recherché tout d’abord pour la production de pétrole lampant, essentiellement utilisé pour l’éclairage, le pétrole commença à jouer un rôle dans la production de l’énergie vers le début du XXe siècle, avec l’essence puis avec le gazole et le fioul. C’est ainsi que la part du pétrole dans la satisfaction des besoins mondiaux en énergie est passée de 3,7 p. 100 en 1900 à 40,1 p. 100 en 1992, avec un maximum de 51,2 p. 100 en 1973. Comme le gaz naturel fournissait de son côté 22,9 p. 100 de l’énergie consommée dans le monde en 1992, les hydrocarbures contribuaient pour 63 p. 100 au bilan énergétique mondial. Aussi la production internationale de pétrole brut a-t-elle connu un rythme de croissance jamais atteint par aucune industrie: elle est passée de 21 millions de tonnes (Mt) en 1900 à 2 870 Mt en 1973, soit cent trente-sept fois plus.

À la fin de 1973, des conditions politiques particulières ont permis à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (O.P.E.P.) de déclencher une hausse brutale des prix et de prendre le contrôle de la production. Ce premier choc pétrolier a été suivi en 1979 d’une seconde flambée des prix, causée en partie par la révolution iranienne. En 1980, la production mondiale de pétrole s’établissait à 3 026 Mt/an et le prix du brut atteignait des sommets, avec 36 dollars américains par baril en moyenne annuelle, contre 2,5 dollars en 1973. Mais le début des années 1980 fut marqué par une décroissance puis une stagnation de la production avec, parallèlement, un effritement progressif des prix du baril. En effet, devant la difficulté de plus en plus grande à payer leurs importations de pétrole, les pays industrialisés se sont efforcés d’en diminuer leur consommation, soit par des économies d’énergie, soit en ayant recours à d’autres sources d’énergie. De plus, pour réduire leur dépendance vis-à-vis de l’O.P.E.P., ils ont développé de nouvelles zones productrices de pétrole, telles que l’Afrique de l’Ouest, la mer du Nord ou le Mexique.

En 1985, la part de l’O.P.E.P. dans la production pétrolière mondiale ne se montait plus qu’à 30 p. 100, contre 54 p. 100 en 1973. Au regard de cette évolution, l’O.P.E.P., à l’initiative de l’Arabie Saoudite, modifia sa stratégie et adopta la reconquête des parts de marché comme objectif prioritaire. Ce fut le contre-choc pétrolier.

La production redécolla, les prix chutèrent à 13-14 dollars par baril et se stabilisèrent aux environs de 18 dollars. La crise du Golfe de 1990, que certains qualifient de mini-choc pétrolier, n’aura qu’une très courte influence sur le marché de l’or noir. Après deux années de stagnation, la production mondiale de pétrole s’élevait en 1992, à 3 170 Mt, dont 40,5 p. 100 pour l’O.P.E.P. et 24,4 p. 100 pour l’Organisation de coopération et de développement économiques, et le cours du brut fluctuait autour de 18 dollars par baril.

Importateurs nets de pétrole depuis 1948, les États-Unis ne produisent aujourd’hui qu’un peu plus de la moitié de leur consommation pétrolière. Après avoir joué un rôle prépondérant dans le développement de l’industrie pétrolière, ils ont vu leur part de marché dans la production pétrolière mondiale décroître continûment depuis les années 1930, notamment en raison du développement de nouvelles régions productrices. Si cette part atteignait 67 p. 100 en 1930, elle ne représentait plus que 54 p. 100 en 1950, 23 p. 100 en 1970 et à peine 13 p. 100 en 1992 (fig. 1).

Les années 1970-1990 bouleversèrent totalement l’industrie pétrolière mondiale. Cette période de crise fut marquée par la prise de contrôle, par les pays de l’O.P.E.P., de leurs réserves nationales. Les compagnies nationales des pays producteurs gèrent désormais leurs ressources et prennent très vite un poids considérable dans les réserves et la production pétrolières mondiales. Le doute s’installe chez les grands groupes pétroliers alors que, au milieu du XXe siècle, huit compagnies internationales fournissaient la moitié de la production mondiale: cinq américaines (Exxon Corporation [ancienne Standard Oil Company of New Jersey], Texas Corporation [Texaco], Gulf Oil Corporation, Standard Oil of California [Chevron] et Mobil Oil Corporation); trois européennes (une anglo-néerlandaise, la Royal Dutch Shell, une britannique, la British Petroleum [B.P.] et une française, la Compagnie française des pétroles [Total]). Les pétroliers tentent alors une diversification de leurs activités qui s’avérera décevante, excepté pour la pétrochimie. La décennie de 1980 marqua un retour de ces compagnies vers leur métier de base, faisant ainsi preuve de leur faculté d’adaptation. De nouvelles techniques furent donc mises au point, telles que la sismique 3D ou le forage horizontal pour réduire les coûts de production. Le pétrole offshore poursuit sa progression et sa production a crû de 672 Mt en 1980 à 892 Mt en 1992, soit presque 30 p. 100 de la production mondiale, dont près des deux tiers pour les pays non O.P.E.P. (la part offshore des pays non O.P.E.P. était inférieure à un tiers avant le premier choc pétrolier) et, dans le même temps, la production de «pétroles difficiles» et de «nouveaux pétroles» (mer du Nord, Alaska, récupération assistée, mer profonde, sables asphaltiques, biomasse) a été multipliée par deux et représentait en 1992, avec 515 Mt, un sixième de la production pétrolière mondiale.

La production de pétrole brut devrait encore connaître une légère croissance au cours des années à venir, puisqu’on estime sa demande autour de 3 500 Mt en 2000, soit un peu moins de 40 p. 100 des besoins énergétiques du monde à cette époque. Malgré l’émergence de véhicules électriques ou fonctionnant au gaz naturel, les transports restent le domaine de prédilection du pétrole et la part non substituable de celui-ci, évaluée à 60 p. 100 au début des années 1990, devrait atteindre 75 p. 100 à la fin du XXe siècle. En revanche, les utilisations du pétrole comme combustible pour l’industrie et le chauffage domestique seront progressivement grignotées par le gaz naturel et l’électricité.

Par ailleurs, les hydrocarbures qui composent le pétrole permettent également des fabrications de produits non énergétiques comme les lubrifiants et les bitumes, et surtout des produits chimiques dont la diversité augmente chaque jour: caoutchoucs synthétiques, matières plastiques, fibres synthétiques, solvants et détergents. Si le tonnage des fractions pétrolières destinées à l’industrie chimique est modeste en valeur relative (6 p. 100 de la consommation totale de produits pétroliers), il s’agit toutefois de débouchés à haute valeur ajoutée.

L’une des caractéristiques, lourde de conséquences, de l’industrie du pétrole est que la première de ses activités – la recherche de nouveaux gisements – reste affectée d’un fort coefficient d’incertitude, ce qui rend pratiquement impossible l’évaluation de l’effort d’exploration qui sera payant. En 1992, sur sept forages réalisés, un seul a conduit à un puits producteur (contre un sur dix dix ans auparavant). Mais encore faut-il qu’une fois découvert le pétrole s’avère commercialement exploitable, ce qui dépend non seulement du volume des réserves du gisement, mais aussi de sa situation géographique, à terre ou en mer, c’est-à-dire du montant des investissements nécessaires pour sa mise en exploitation. La recherche du pétrole est une opération qui nécessite «compétence, finance et patience». Le volume des capitaux risqués dans l’exploration implique, à l’origine de l’activité de prospection, de puissants moyens techniques et financiers, que ce soit de la part des sociétés privées ou des sociétés nationales. Une idée de la capacité financière que doivent avoir les compagnies pétrolières peut être donnée par le fait que les investissements de l’industrie du pétrole dans le monde, hors pays à économie planifiée, représentait au début des années 1990, quelque 100 milliards de dollars annuels, dont plus des deux tiers étaient consacrés à l’exploration-production. Une campagne de prospection, entraînant au minimum de cinq à dix puits, se situe entre 200 et 500 millions de francs et peut se solder par un échec! Cela signifie que, pour entrer dans le jeu pétrolier, la mise est élevée et seules quelques importantes compagnies (ou États) peuvent l’assumer. De plus, pour maintenir un certain équilibre entre la capacité de production et la consommation, ces grands groupes pétroliers intègrent toute la chaîne des activités pétrolières, gagnant ainsi en sécurité et en souplesse.

Les trois phénomènes majeurs auxquels l’industrie du raffinage a dû faire face depuis le début des années 1970 sont le ralentissement de la croissance de la consommation globale d’énergie, la modification de la structure de la demande en produits finis et le respect d’une législation environnementale de plus en plus contraignante. C’est une industrie lourde, à frais fixes élevés quel que soit le taux de production, qui repose sur un processus continu de production régulière et doit donc fonctionner à plein. Elle nécessite une main-d’œuvre hautement qualifiée, mais dont l’effectif reste faible. La crise post-1973 est arrivée au moment où d’importantes capacités de raffinage étaient en construction, compte tenu des prévisions d’accroissement de la consommation (fig. 2). C’est par le biais de mesures de rationalisation et d’investissements considérables (3 milliards de francs en 1992 en France) que les raffineurs, notamment en Europe occidentale, ont pu s’adapter au marché. Ainsi, en dix ans, le taux d’utilisation des raffineries de l’Union européenne est-il passé de 70 p. 100 à près de 90 p. 100 (87 p. 100 pour la France) et la plupart des sites se sont équipés d’unités nouvelles pour produire des carburants sans plomb. D’ici à la fin du XXe siècle, l’industrie du raffinage va devoir relever d’autres défis, en particulier dans l’amélioration de la qualité des carburants, et donc poursuivre les efforts consentis jusqu’à présent.

Enfin, la distribution comprend toutes les opérations pour la mise en place des produits, à partir des raffineries ou des points d’importation jusqu’aux points de vente. Au problème de la dispersion des consommateurs sur le territoire d’un pays s’en ajoutent beaucoup d’autres: la variété des produits et leurs nombreuses spécifications, les fluctuations saisonnières, les tonnages extrêmement variables (du litre au millier de mètres cubes), le fait que, si ces produits sont pour la plupart liquides, certains sont gazeux ou solides et que presque tous sont inflammables ou présentent des risques d’explosion. Tout cela entraîne des charges de distribution élevées. C’est ainsi qu’elles représentent, en France, environ un tiers du prix hors taxe des carburants automobiles.

Toutes ces caractéristiques de l’industrie pétrolière, et notamment la disparité entre les zones de production et de consommation, tendent à lui conférer un caractère international. Au-delà de l’activité d’exploration-production, le transport du pétrole brut est le reflet parfait de cette internationalité. L’émergence du Moyen-Orient sur la scène pétrolière mondiale au milieu des années 1950 et l’explosion de la demande ont bouleversé les courants d’approvisionnement, expliquant en partie les grandes orientations du commerce pétrolier mondial. Globalement, le commerce pétrolier maritime représentait, au début des années 1990, 17 p. 100 en valeur et près de 44 p. 100 en tonnage du commerce mondial total.

La combinaison de plusieurs facteurs tels que la croissance de la consommation pétrolière mondiale, l’évolution des tailles des raffineries ou encore la fermeture momentanée du canal de Suez de 1967 à 1975, nécessitant alors le contournement de l’Afrique pour permettre au Moyen-Orient de satisfaire la demande de l’Europe de l’Ouest et des États-Unis, a engendré l’apparition d’une nouvelle génération de supertankers. La flotte pétrolière mondiale a dû, de façon analogue à la capacité mondiale de raffinage, s’engager dans la voie d’une rationalisation vers la fin des années 1970, à la suite d’une stagnation de la consommation et d’un rapprochement des zones d’approvisionnement, cessant ainsi sa course au gigantisme. En 1992, elle comptait 2 980 unités, dont la majorité se situait entre 200 000 et 350 000 tonnes de port en lourd (tpl), pour un tonnage total de 262 millions de tonnes de port en lourd. Entre 1977 et 1992, elle s’est ainsi vu amputée de neuf cents navires et de 30 p. 100 de capacité globale. Parallèlement, le canal de Suez s’est efforcé de s’adapter: approfondi, il autorise maintenant le passage de tankers de 150 000 tpl.

Le deuxième mode de transport massif du pétrole, à savoir le pipeline, ne bénéficie pas de la souplesse d’action du précédent, et souffre, au-delà d’investissements importants, d’une rigidité évidente, constituant de plus une cible facile pour les actions de sabotage dans les pays politiquement instables. Il bénéficie en revanche d’un faible coût d’utilisation et s’impose chaque fois qu’il faut évacuer une production de pétrole brut vers la côte à partir d’un gisement, terrestre ou marin, ou qu’il faut approvisionner une raffinerie éloignée du port de livraison.

Le pétrole étant très étroitement lié au développement industriel et à l’accroissement du niveau de vie d’un pays, aucun gouvernement ne peut se désintéresser de l’industrie pétrolière, quel que soit le rôle joué par la production locale dans la couverture des besoins nationaux. Les pays producteurs comptent, pour le financement de leur économie, sur les ressources que leur apportent leurs exportations pétrolières. Inversement, les pays consommateurs cherchent à diminuer leur dépendance vis-à-vis des précédents en diversifiant leur approvisionnement pour s’assurer une certaine sécurité et en développant de nouveaux substituts énergétiques. Toutefois, après la crise qu’elle a connue ces vingt dernières années, l’industrie pétrolière devrait géopolitiquement se stabiliser en cette fin de siècle, se voyant par ailleurs confrontée à de nouveaux défis économiques, environnementaux et techniques. Réduire les échecs en exploration, forer à moindre coût et maîtriser l’offshore sont les objectifs de l’amont. Raffiner plus propre des produits de meilleure qualité en prenant en compte le fonds du baril et les nouveaux carburants est une obligation pour l’aval. C’est en poursuivant un certain effort technologique que cette industrie pourra maintenir une production équilibrée et retarder ainsi un retour trop rapide mais inéluctable sur le pétrole du Moyen-Orient..

pétrole [ petrɔl ] n. m.
• 1611; h. XIIIe; lat. médiév. petroleum, de petra « pierre » et oleum « huile », proprt « huile de pierre »
1Huile minérale naturelle (bitume liquide) accumulée en gisements et utilisée comme source d'énergie (cf. Or noir). Les réserves de pétrole. Le pétrole, mélange d'hydrocarbures, provient de vases organiques transformées par l'action de fermentations anaérobies. Gisements de pétrole du Texas, du Venezuela, du Moyen-Orient, de la mer du Nord. Les pétroles roumains, sahariens. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (O. P. E. P.). Prospection et exploitation du pétrole : forages (derrick, trépan); transport (oléoduc, pipeline, pétrolier, tanker, wagon-citerne). Exploitation du pétrole offshore. Puits de pétrole. Pétrole naturel ou brut. naphte. Raffinage, distillation du pétrole. Produits dérivés du pétrole : gazoline, benzine; pétrole lampant (kérosène); essence, gazole, huiles légères, lourdes, de graissage, paraffine; résidus (fioul, mazout; vaseline; bitume; brai).aussi white-spirit. Gaz de pétrole liquéfié (G. P. L.). Chimie du pétrole. pétrochimie. Prix du baril de pétrole. Industrie du pétrole. Les magnats du pétrole. Par métaph. Le pétrole vert : les ressources agroalimentaires.
2Une des fractions de la distillation du pétrole. Lampe à pétrole. Poêle, réchaud à pétrole. Éclairage au pétrole.
3Appos. Bleu, vert pétrole : nuance où entrent du bleu, du gris et du vert. Un costume bleu pétrole.

pétrole nom masculin (latin médiéval petroleum, du latin classique petra, pierre, et oleum, huile) Huile minérale naturelle, de couleur très foncée, d'une densité variant de 0,8 à 0,95, composée essentiellement d'hydrocarbures paraffiniques, naphténiques et aromatiques. (On dit aussi pétrole brut et, dans les opérations d'exploration et de production, huile.) Nom donné au kérosène lorsqu'il est utilisé dans des lampes et des réchauds. ● pétrole (expressions) nom masculin (latin médiéval petroleum, du latin classique petra, pierre, et oleum, huile) Familier. Pétrole vert, nom donné à l'industrie agroalimentaire. ● pétrole adjectif invariable et nom masculin Bleu ou vert mêlé de gris.

pétrole
n. m. Huile minérale d'origine organique, composée d'un mélange d'hydrocarbures. Gisement de pétrole. Pétrole brut, non encore raffiné. Gaz de pétrole liquéfié.
Un des produits de distillation de cette huile. Lampe à pétrole.
|| En appos. Bleu pétrole: bleu tirant sur le vert.
Encycl. Le pétrole résulte de la transformation en hydrocarbures de matières organiques (plancton et substances humiques déposés sur les plateaux continentaux), sous l'action de bactéries anaérobies. Ces hydrocarbures sont contenus dans des roches poreuses et perméables situées dans des plis anticlinaux, des failles, etc.

⇒PÉTROLE, subst. masc.
A. —Huile minérale naturelle combustible, d'une odeur caractéristique, d'une densité variant de 0,8 à 0,95, formée d'hydrocarbures et utilisée surtout comme source d'énergie. Le pétrole proviendrait de la décomposition, à l'abri de l'air, et en présence d'eau, d'oganismes animaux (CHARTROU, Pétroles natur. et artif., 1931, p.35). Les transports de pétrole Méditerranée-Rhin, avec le triple problème que posait le point de départ de l'oléoduc sur la côte, son éclatement terminal, et la localisation du raffinage (Colloque géogr. appl., 1962, p.101).
SYNT. Pétrole brut (v. ce mot I B synt. c), gazéifié; gisement, mine, nappe, puits, sources de pétrole; cracking, distillation, exploitation, extraction, importation, industrie, production du pétrole; pays producteur de pétrole; dérivé du pétrole; baril, tonneau de pétrole.
Pétrole conventionnel. ,,Pétrole faisant l'objet d'une prospection et d'une exploitation courantes`` (AYACHE 1981).
P. méton.
P. ell. de industrie du pétrole. Les magnats (v. ce mot B) du pétrole. On continue ainsi, dans le pétrole ou la sidérurgie, à agiter la perspective de la nationalisation (REYNAUD, Syndic. en Fr., 1963, p.190).
♦Pétrolier, compagnie pétrolière. Admettra-t-on, comme le font les contrats passés par les pétroles italiens, qu'une société locale devienne progressivement copropriétaire du gisement? (Univers écon. et soc., 1960, p.10-8).
[En parlant de dérivés du pétrole] CHIM. Brai, coke, éther (v. ce mot II B 3) de pétrole. Deux millions de véhicules utilisant l'essence de pétrole roulaient en 1911, mais dès 1870, les huiles de pétrole étaient utilisées pour le graissage dans toutes les machines (LESOURD, GÉRARD, Hist. écon., 1966, p.351).
B.P. méton.
1. Produit de distillation de cette huile. Pétrole rectifié; bidon de pétrole. Madame Gide y besogne, des heures durant, dans une odeur entêtante de pétrole, de cirage, de térébenthine (MARTIN DU G., Notes Gide, 1951, p.1385).
À pétrole. Fourneau, lampe, réchaud à pétrole; chauffage, éclairage au pétrole. Qu'il y a loin en effet de ce système à celui d'une machine à vapeur ou à pétrole; point de bielles, point de soupapes, point de piston, pas de point mort, le mouvement circulaire est obtenu directement par des leviers invisibles que représente le champ tournant (SOULIER, Gdes applic. électr., 1916, p.92). Le petit poêle à pétrole qui ronflait comme un tuyau d'orgue, pendant les nuits de travail, en hiver (DUHAMEL, Combats ombres, 1939, p.286). L'opinion en fut assez surprise, les voitures à pétrole n'ayant, jusqu'alors, guère été prises au sérieux, et la vapeur ayant conservé son traditionnel prestige (P. ROUSSEAU, Hist. transp., 1961, p.492).
P. métaph. Ne pensons qu'à notre amour (...) lui seul existe! Il a une intrigue avec une femme mariée? (...) Oh! mais quel feu! c'est de la passion! c'est du vitriol! c'est du pétrole (LABICHE, Le Plus heureux, 1870, III, 3, p.115).
Pétrole lampant. Synon. vieilli de kérosène.
2. En empl. adj. inv. Nuance de couleur où entrent du bleu, du gris et du vert. Bleu, vert pétrole. Pantalon gabardine pure laine (...) coloris pétrole (Catal. Bon Marché, 1951, p.12).
C.Pop., arg. ,,Eau-de-vie`` (ESN. Poilu 1919). Le tord-boyau est versé à la ronde (...). D'autres fois, c'est le vin blanc (...). Mais, que ce soit le pétrole ou le pivois savonné... (RICHEPIN, Pavé, 1883, p.278).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist.1. Ca 1240 petteroile «huile minérale naturelle» (Chirurgie de Roger de Salerne, 296 v° ds Z. fr. Spr. Lit. t.86, p.250); XIIIes. petrole (Livre des simples medecines, § 911, éd. P. Dorveaux, p.157); 2. a) 1866 lampe à pétrole (AMIEL, Journal, p.394); b) 1903 pétrole lampant (Nouv. Lar. ill.); 3. 1951 couleur (Catal. Bon Marché, loc. cit.); 1962 bleu, vert pétrole (ROB.). Empr. au lat. médiév. petroleum (aussi petroleum oleum) «huile minérale» (XIIIes. ds NIERM. et BLAISE Lat. Med. Aev.), proprement «huile de pierre» (du lat. class. petra, v. pierre et oleum, v. huile). Fréq. abs. littér.:435. Fréq. rel. littér.:XIXes.: a) néant, b) 158; XXes.: a) 678, b) 1357.
DÉR. 1. Pétrolatum, subst. masc., pétrochim. Solide mou, de densité voisine de 1, de couleur foncée, obtenu lors de l'extraction de la paraffine du pétrole brut par centrifugation, et correspondant à la vaseline. On laisse reposer vingt-quatre heures, puis on pompe le mélange huile-essence et le mélange paraffine-essence (pétrolatum) (...). Afin d'assurer l'écoulement du pétrolatum, on maintient à la périphérie du bol une couche d'eau chaude. Ces procédés de déparaffinage sont toujours accompagnés d'une perte d'essence qui ne doit pas dépasser 2 % (CHARTROU, Pétroles natur. et artif., 1931, p.93). []. 1re attest. 1931 id.; dér. sav. de pétrole, suff. lat. -atum (corresp. au suff. fr. -at [II A]). Déjà att. en 1887 en angl. (v. NED). 2. Pétroler, verbe trans. a) Enduire de pétrole. Enfin, tous les réservoirs momentanés d'eau (...) doivent être (...) ou vidés, ou pétrolés (VINCENT, RIEUX ds Nouv. Traité Méd. fasc. 5, 1 1924, p.220). b) Vx. Incendier au pétrole. Et pourquoi ne pillerait-on pas? Pourquoi ne pétrolerait-on pas? (Paris-Journal, sept. 1872 ds LARCH. 1872, p.194). [], (il) pétrole []. 1res attest. a) 1871 «incendier au pétrole» (L'Avenir libéral, mardi 1er août I, 2 ds DUB. Pol., p.372: Paris a été pétrolé et bombardé), b) 1898 «enduire de pétrole» (DG); de pétrole, dés. -er.
BBG. —DUB. Pol. 1962, p.372. —PINCHON (J.). Synt. prép. et adj. de relation. Cah. Lexicol. 1980, t.37, pp.91-100. —QUEM. DDL t.5, 20.

pétrole [petʀɔl] n. m.
ÉTYM. Attestation isolée, XIIIe; 1611; du lat. médiéval petroleum « huile de pierre »; de petra « pierre », et oleum « huile ».
1 Huile minérale naturelle (bitume liquide) accumulée en gisements et utilisée comme source d'énergie. Syn. (journalistique) : or noir. || Le pétrole, mélange d'hydrocarbures, provient des vases organiques (sapropel) transformées par l'action de fermentations anaérobies. || Gisements de pétrole du Texas, du Venezuela, du Moyen-Orient, du Sahara… || Les pétroles roumains, sahariens… || Prospection et exploitation du pétrole. Roche (roche mère, roche magasin), forage; derrick, trépan. || En droit, les puits de pétrole sont des mines (cit. 3). || Magasin, réservoir de pétrole (→ Flamboiement, cit. 3). || Pétrole naturel ou brut ( Brut, n. m.) ou (vx, XVIe) « huile de pétrole ». Naphte; craquage. || Raffinage, distillation du pétrole. || Raffinerie de pétrole. || Produits dérivés du pétrole : gaz, éther de pétrole ( Gazoline, ligroïne), essences légères, lourdes ( Essence); kérosène, gas-oil, huiles légères, lourdes, de graissage ( Huile), paraffine, résidus ( Fuel, mazout; vaseline; bitume, brai; white-spirit). || Synthèse du pétrole. || Chimie du pétrole. Pétrochimie. || Transport du pétrole par pétrolier, pipe-line, tanker, wagon-citerne…Exporter (cit. 2) du pétrole… || Marché du pétrole ( Pétrodollar). || Pays producteurs de pétrole. || La production et le prix du pétrole sont calculés en barils. || La crise du pétrole. || Épuisement des réserves de pétrole. || Remplacement du charbon par le pétrole, et du pétrole par l'énergie nucléaire, par les énergies renouvelables. || Production du pétrole off-shore.L'une des fractions de la distillation de cette huile naturelle, très utilisée naguère pour l'éclairage (pétrole « lampant »). || Âcre odeur de pétrole (→ Essence, cit. 20; lampe, cit. 6). || Ancien éclairage au pétrole (→ Lampisterie, cit.)… à pétrole. || Lampe (cit. 7) à pétrole (→ Brûler, cit. 38). || Poêle, réchaud à pétrole.
1 Les lueurs vacillantes du pétrole qui brûlait dans des vases de porphyre effrayèrent (…) les singes consacrés à la lune.
Flaubert, Salammbô, I.
2 Les pétroles naturels sont tout aussi variables au point de vue physique, qu'au point de vue de leur composition chimique. Certains sont fluides, d'autres sont visqueux; les premiers sont en général clairs, jaunes penchant sur le rouge ou le brun, et même parfois presque incolores; les seconds sont foncés et vont du brun foncé au noir, en passant par le vert (…) L'odeur varie selon la nature des composants volatils.
É. Dalemont, le Pétrole, p. 26.
tableau Classes de roches.
2 (1962). Appos. || Bleu, vert pétrole, nuances où entrent du bleu, du gris et du vert. || Des voitures bleu pétrole.
tableau Désignations de couleurs.
DÉR. Pétrolage, pétrolé, pétroler, pétrolerie, pétrolette, pétroleuse, pétrolier.
COMP. Pétrolifère, pétrolochimie, pétrolochimique.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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